Comment assurer et arriver plus rapidement à ses fins grâce à ces 6 smartcuts

Fait. Je veux réussir et tu veux réussir. Et on veut tous que ça arrive rapidement. Mais la réalité est qu’on ne peut pas y consacrer plus de temps que celui dont on dispose. Il y a 24 heures par jour pour tout le monde. De ce fait, quoi faire ?

Shane est l’auteur du livre à succès Smartcuts : How Hackers, Innovators, and Icons Accelerate Success. Il a effectué des recherches pour observer la façon dont les gens et les compagnies obtiennent rapidement du succès en essayant de nouvelles méthodes, en transgressant les règles et en prenant des raccourcis. Ou, comme les appelle Shane, des smartcuts (en opposition aux shortcuts). Selon Shane :

« La pensée latérale consiste à avoir l’état d’esprit qu’il faut pour transgresser des règles qui n’en sont pas vraiment. Ces règles sont tout simplement la manière conventionnelle dont on faisait les choses dans le passé. La pensée latérale consiste à résoudre des problèmes en les considérant sous des angles différents de ceux auxquels on s’attendrait. Ça ne se produit pas lorsqu’on fait quelque chose qu’on a déjà fait. Il ne suffit donc pas de travailler plus fort pour atteindre son but, mais plutôt de repenser son approche. »

Ce livre regorge de stratégies surprenantes et éprouvées pour t’aider à t’améliorer plus rapidement. Tu me vois venir Lekt… Prenons-les donc une par une.

1. Inutile de faire ses preuves

S’il était requis de faire ses preuves, les enfants prodiges n’existeraient pas. Mark Zuckerberg et ses milliards non plus. En consultant les recherches existantes, Shane s’est rendu compte que les meilleurs présidents américains étaient ceux qui avaient cumulé le moins d’expérience en politique. Selon Shane :

« Les meilleurs présidents des États-Unis ont en fait travaillé moins longtemps en politique que les pires présidents des États-Unis. Dans tous les domaines, on remarque que les gens qui connaissent l’ascension la plus rapide et qui réussissent le mieux ne sont souvent pas ceux qui ont le plus d’expérience. La tendance générale montre que les gens qui ont l’habitude de changer de voie, de grimper les échelons sans suivre une ligne droite ou d’entamer différentes carrières sont ceux qui finissent par acquérir davantage de compétences et de flexibilité, et surtout, une pensée latérale. Cette capacité à marcher hors des sentiers battus est cruciale. Elle leur permet de se démarquer et de surpasser leurs pairs bien plus rapidement que les autres. »

Ce sont les êtres à part, les rebelles, ceux qui remettent en cause le statu quo qui sont les acteurs des plus grands changements dans le monde.

Ces résultats s’apparentent à ceux qu’avait obtenus le professeur de Harvard, Gautam Mukunda, lorsqu’il avait conduit une recherche similaire : ce sont les êtres à part, les rebelles, qui sont les acteurs des plus grands changements dans le monde. La plupart du temps, quand les gens parlent de l’importance de faire ses preuves, ils parlent indirectement de la peur de l’échec ou craignent de transgresser les règles.

Parlant de peur, j'ai mon opinion sur le sujet. « C'est pas ma faute, je suis trop jeune. C'est pas ma faute, je n'ai pas l'expérience. C'est pas ma faute, je n'ai pas étudié dans ce domaine, etc. » C'est pas ma faute, c'est la faute du problème et c'est à cause de ce problème qu'il faut que je fasse mes preuves. C'est derrière cette barrière psychologique que se cachent nos deux plus grandes peurs.

  1. La peur de ne pas être à la hauteur.

    Celle-ci cache la plus grande d'entre toutes

  2. La peur de ne pas être aimé.

Assez parlé de peurs et revenons à notre sujet.

Ne prendre aucun risque peut aider à accomplir ses tâches « assez bien », mais c’est rarement la façon dont on se rend jusqu’au sommet ou le moyen d’y accéder rapidement. En ne prenant pas de risque, tu n’as pas à souffrir pendant des années avant d'essayer. Mais il faut bel et bien que tu apprennes à faire et à penser. Quelle est la meilleure façon de trouver l'aide dont tu as cruellement besoin?

2- Trouve ton Yoda

Les recherches que Shane a d’abord consultées affirmaient que les mentors n’aidaient pas les gens à aller de l’avant. Et Shane a réagi exactement de la même manière que moi… M. Miyagi n’a pas aidé ? Morpheus n’a pas aidé ? Yoda était inutile ? WTF ?!?

M. Miyagi n’a pas aidé ? Morpheus n’a pas aidé ? Yoda était inutile ? WTF ?!?

Shane a donc creusé plus loin. Il a découvert que le mentorat formel ne fonctionnait pas. Le gars à qui on a demandé de te montrer comment ça marche, au bureau ? Aucun effet sur ta carrière.

Mais qu’en est-il des mentors que tu vas chercher par toi-même ? Bam. Ceux-là vont te faire sérieusement avancer. Mais quelle est donc la différence entre les deux ? Tes mentors doivent se soucier de toi. Selon Shane :

« Dans les grandes relations de mentorat, le mentor ne doit pas seulement se soucier de ce que tu apprends. Ta vie en général doit lui importer. Tes mentors sont là pour te guider pendant un bon moment. Ils sont prêts à te dire “non” et à t’avertir que tu ne fais pas ce qu’il faut. Ce genre de relation rapporte des résultats incommensurables en terme de salaires et de bonheur futurs. »

Et la relation existe dans les deux sens. Si tu ne te sens pas lié à ton mentor et que tu ne te confies pas à lui, votre relation ne te rapportera pas autant qu’elle le pourrait. Tu dois toi aussi te soucier de tes mentors. Selon Shane :

« Les relations de mentorat les plus organiques se construisent autour de l’amitié et de la vulnérabilité. Tu dois être disposé à parler de tes peurs et de la façon dont tu évolues. Les bons mentors ne te guident pas seulement dans ta pratique, ils te guident également le long du chemin que tu prends pour atteindre tes buts. C’est exactement ce qu’on voit dans des films comme Star Wars et Karate Kid. »

En passant, c'est ce que j’essaie de faire à travers ce que je partage sur le blog.

Alors oublie le « mentor » qu’on a désigné pour t’aider au bureau ou à l’école. Choisis-le! Trouve la personne que tu estimes et qui tient à toi. C’est certes un bon moyen de trouver le chemin vers une superbe carrière, mais c’est surtout la meilleure façon d’apprendre à vivre comme tu le désires.

3- Observe les échecs des autres : ils t’aideront à réussir

Je ne parle pas de mener les autres à l’échec, cela dit. Mais tu peux apprendre beaucoup en regardant les autres se planter… C’est une façon d’éviter un biais cognitif peu connu découvert par Shane au cours de ses recherches.

Parmi un groupe de chirurgiens qui essayaient d’apprendre comment effectuer un nouveau traitement, lesquels se sont améliorés le plus rapidement ? Ceux qui ont vu les autres faire des erreurs. Selon Shane :

« Les chirurgiens qui ont réussi leurs chirurgies ont eu tendance à continuer de s’améliorer, alors que ceux qui se sont plantés la première fois sont devenus encore moins bons. Et si tu vois ton collègue réussir sa chirurgie, ça ne t’aide pas du tout. Par contre, paradoxalement, si tu vois ton collègue rater sa chirurgie, tu t’améliores ! »

Hein ? Alors à moins d’être bon depuis le premier jour, le seul moyen de s’améliorer est de regarder d’autres personnes se tromper ? Pourquoi ? Parce que ton cerveau essaie de t’empêcher de culpabiliser. Alors il te ment. Quand tu rates ton coup, tu cherches une excuse. « Pas ma faute. J’avais le soleil dans les yeux. » Quand tu vois quelqu’un d’autre réussir, tu te dis : « C’est évident, je ferais exactement la même chose. »

Alors que quand tu vois quelqu’un d’autre commettre une erreur, tu te dis : « Woh. J’ai intérêt à ne pas faire ça. » Selon Shane :

« Si tu es un chirurgien cardiaque et que ton patient meurt sur la table d’opération, tu vas te dire : “Bon, le patient n’était pas en forme. Bon, on a manqué de temps. Bon, c’était difficile à voir. L’incision n’était pas très nette…” Pour expliquer ton échec, tu vas attribuer la faute à des choses sur lesquelles tu n’as aucun contrôle. Mais en observant une chirurgie dans laquelle tu n’es pas personnellement impliqué, tu feras preuve d'une bien meilleure objectivité. “Bon, ils viennent de se tromper ici. Note à moi-même, ne pas faire ça”. »

C’est l’une des différences fondamentales entre la mentalité d’un débutant et celle d’un expert. Les débutants ont besoin d’encouragement pour ne pas abandonner alors que les experts, eux, adorent recevoir des critiques. C’est la meilleure manière de savoir si tu continues à t’améliorer. Selon Shane :

« Les experts ont atteint un point dans leur carrière où ils ne se sentent plus personnellement visés. Ils peuvent recevoir des critiques négatives en les considérant simplement comme un commentaire sur ce qu’ils font plutôt que sur ce qu’ils sont en tant que personnes. Et c’est comme ça que nous devrions tous recevoir la critique. »

Transforme tes échecs en critiques, puis transforme les critiques en étapes concrètes pour t'améliorer.

4- Laisse tomber l’idée d’être un précurseur. Suis plutôt les pionniers de près.

« J’ai eu une idée, mais quelqu’un l’a sortie avant moi. » As-tu déjà fait cette remarque ? Si oui, tu es officiellement un chialeux. Parce que tu t’es royalement trompé. Tu te trouvais en fait à la meilleure place. Les recherches montrent que celui qui commence la course au deuxième rang est en fait celui qui a le plus de chance de l’emporter.

Voici un extrait de Smartcuts : How Hackers, Innovators, and Icons Accelerate Success:

« […] Peter Golder et Gerard Tellis, de l'University of Southern California, ont publié une étude en 1993 pour vérifier s’ils pouvaient trouver des preuves historiques qui appuieraient la thèse selon laquelle les pionniers dans un marché ont plus de chances de réussir. Ils ont étudié ce qui est arrivé à 500 marques de plus de 50 catégories de produits, du dentifrice aux magnétoscopes, en passant par les télécopieurs et la gomme à mâcher. La recherche a montré de façon saisissante que 47 % des précurseurs avaient échoué. Seulement la moitié des compagnies qui avaient été les premières à vendre un produit faisaient encore partie du marché cinq ans plus tard, et seulement 11 % des précurseurs restaient dans le marché à long terme. Par opposition, les chefs de file précoces, c’est-à-dire les compagnies qui avaient pris le contrôle de la part de marché d’un produit après que les pionniers aient innové, obtenaient seulement un taux d’échec de 8 %. Dans 53 % des cas étudiés par la recherche de Golder et Teller, un chef de file précoce devenait le leader du marché dans sa catégorie. »

Quand tu es le premier à inventer quelque chose, tu dois dépenser énormément de temps et d’énergie à tenter de découvrir comment bien faire ce que tu fais. Quand tu es le deuxième, tu peux apprendre de la position actuelle du leader.

Selon Dan Coyle, les deux mots les plus importants à retenir, si on veut devenir meilleur, sont « persister » et « observer ».

  • Persiste : continue d’essayer de t’améliorer.
  • Observe : étudie et imite ceux qui sont meilleurs que toi.

Tu n’es pas en retard. Tu arrives exactement au bon moment. Le timing n’est donc pas aussi important que tu ne le croyais et tu peux apprendre de ceux qui sont arrivés avant toi. Mais que faire quand tu as besoin d’idées originales ?

5- Tu veux être plus créatif ? Impose-toi des contraintes.

Quand tu as des restrictions, tu ne peux pas prendre le chemin le plus facile. Les contraintes t’obligent à réfléchir. Et souvent, à moins d’y être forcés, on ne réfléchit pas plus qu’il ne le faut. Lorsqu’on est placé devant un défi, on n’a pas le choix de faire preuve d’originalité.

Voici ce qu’en dit Smartcuts : How Hackers, Innovators, and Icons Accelerate Success:

« Les contraintes font du haïku l’une des formes de poésie les plus innovantes du monde. Les contraintes nous fournissent des frontières qui dirigent notre attention et nous permettent d’être plus créatifs. C’est pourquoi, incidemment, les petites compagnies qui commencent à peine arrivent bien souvent avec des idées inédites. Elles débutent avec si peu de ressources qu’elles se doivent de trouver des solutions qui simplifient leur existence. »

Dans le milieu des startups technologiques, on appelle ce concept MVP pour minimal viable product. Ce produit est typiquement réalisé par les fondateurs de la startup sans investissement extérieur.

L’un des commentaires sur DVD les plus pertinents que j’aie entendus est celui de Robert Rodriguez, qui parlait de son film El Mariachi.

Il a fait un film de 90 minutes avec seulement 7000 dollars. Un budget aussi incroyablement petit l’a obligé à repenser toutes les facettes de la réalisation cinématographique. Il n’avait pas de dolly (le charriot sur rails qui permet d’effectuer des travellings), alors il a attaché sa caméra à un fauteuil roulant.

Alors que les critiques ont adoré son montage, la seule raison pour laquelle il a monté le film ainsi, c’est que son équipement d’enregistrement bas de gamme ne lui permettait pas de conserver la synchronisation pendant les plans les plus longs. Tu n’as pas besoin de liberté pour être créatif. Tu as besoin de contraintes.

Ta créativité se déploie donc grâce à des restrictions, mais tes buts, eux, doivent plutôt aller dans une direction totalement opposée…

6- Faire 10 fois mieux au lieu de s’améliorer de 10 %

Il s’agit d’une citation de Astro Teller, le dirigeant de Google X. Astro est en autre responsable de l'équipe qui conçoit l'automobile sans conducteur. Quand tu essaies d'améliorer quelque chose de 10 %, ton cerveau s’embarrasse de tout le bagage accumulé auparavant. La marge de manoeuvre est trop mince.

Lorsque tu te dis « je vais faire 10 fois mieux », tu dois réinventer le processus au complet. Ça t’oblige à voir grand. Tu te débarrasses des anciennes règles et tu recommences à neuf. Selon Shane :

« Si tu vises une amélioration de 10 %, ton travail sera limité par les manières de faire conventionnelles de l’industrie au sein de laquelle tu travailles ou du produit que tu développes. Si tu te dis que tu dois faire 10 fois mieux, tu es alors obligé de respecter ce principe fondamental : ne garder que ce qui est absolument essentiel. C’est une manière d’imposer une transformation, et c’est ainsi qu’on innove réellement. »

Quand tu vois grand, les gens veulent participer à ton rêve. Les médias veulent parler de toi. Les bailleurs de fonds veulent te donner de l’argent. L’ambition te permet de multiplier tes forces. Selon Shane :

« Si tu travailles sur un projet qui a un petit potentiel, tu auras de la difficulté à recruter des gens vraiment talentueux pour t’aider à le concrétiser. Mais si tu te donnes pour mission de permettre aux humains d’aller sur Mars, ce sera plus facile d’attirer les meilleurs chercheurs en aérospatial. C’est rassembleur, et ça ne t’apportera pas seulement le soutien d’employés et d’investisseurs, qui est nécessaire si tu veux bâtir quelque chose de grand, mais également le support des clients et de la presse. L’univers entier sera prêt à conspirer pour te permettre de réussir. »

Le plus important dans tout ça, c’est probablement qu’en pensant « 10 fois plus grand » plutôt que « 10 % mieux », tu te comportes différemment. Les recherches montrent qu’en visant des objectifs plus ambitieux et plus audacieux, on travaille plus fort que lorsqu’on veut réaliser quelque chose de raisonnable. Selon Shane :

« Inconsciemment, on se donne davantage quand on cherche à atteindre des buts plus grands, plus ambitieux et plus difficiles. Les recherches montrent que les gens qui visent des objectifs plus élevés finissent par se surpasser ou par être plus performants que leurs pairs. Ils font mieux soit parce qu’ils dépensent plus d’énergie pour y arriver, soit parce qu’ils s’efforcent de trouver des solutions alternatives, non conventionnelles ou plus créatives aux problèmes qu’ils rencontrent. »

Alors, vois grand. Mieux, vois encore plus grand.

En résumé

Ça fait beaucoup de notions à assimiler. Alors si tu oublies tout ce que tu as lu, quelle est la chose que tu dois absolument garder en tête ? J’ai posé la question à Shane et voici ce qu’il m’a répondu :

« Nous faisons tous la même erreur. Nous ne prenons pas assez de recul pour nous demander : “Pourquoi est-ce que je fais les choses de cette manière ?” En fait, on devrait d’abord se poser la question : “Pourquoi est-ce que je fais ça, à la base ?” Mais on devrait aussi certainement se demander : “Pourquoi est-ce que je fais ça comme ça ?” Souvent, la réponse est : “Parce que c’est comme ça que les autres ont toujours fait dans le passé.” Et c’est problématique si tu veux progresser plus rapidement ou si tu veux cesser de stagner. »

Alors, ouvre les yeux sur les choses qui sont vraiment importantes dans ta vie en ce moment, et demande-toi pourquoi tu les fais de cette façon-là. Existe-t-il une meilleure façon de le faire ? Un moyen plus rapide, plus efficace et plus amusant ? La réponse, tu la connais.

Note de l'éditeur. Cet article est une adaptation et en quelque sorte un « mashup » de mes perceptions du texte d'Eric Barker.


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Les meilleurs présidents des États-Unis ont en fait travaillé moins longtemps en politique que les pires présidents des États-Unis. Dans tous les domaines, on remarque que les gens qui connaissent l’ascension la plus rapide et qui réussissent le mieux ne sont souvent pas ceux qui ont le plus d’expérience.

http://pascalandy.com/blog/comment-assurer-et-arriver-plus-rapidement-a-ses-fins-grace-a-ces-6-smartcuts/